L’utilisation du glyphosate, puissant herbicide controversé pour nettoyer les canaux d’irrigation génère de nombreuses inquiétudes de santé environnementale auprès des habitants du pays salonais.
Le seul traitement chimique fréquemment utilisé en Crau concerne le désherbage des canaux d’irrigation. Celui-ci, appliqué à une bande de 50 cm dans le fond du canal nécessite le plus souvent 1 à 3 passages par an selon les conditions climatiques. La matière la plus active utilisée est le glyphosate.
Une utilisation bien encadrée
Bien qu’ayant réapprouver l’utilisation de la substance active glyphosate pour une durée de dix ans à compter du 16/12/23, la Commission Européenne intègre plusieurs conditions et restrictions d’utilisation. Notamment, une attention particulière doit être accordée, lors de l’évaluation des risques, à la protection des petits mammifères herbivores, tels que les campagnols, et des végétaux non cibles, tels que les fleurs sauvages.
De son côté, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) avait mentionné en 2020 que “l’utilisation du glyphosate est interdite dans les situations où il peut être substitué par une solution non chimique, […], principalement le désherbage mécanique”.
L’arrêté du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants visés à l’article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime est clair : est interdite toute application directe de produit sur les éléments du réseau hydrographique. Ces dispositions visent à protéger les points d’eau et les organismes aquatiques du risque de transfert de PPP (produits phytopharmaceutiques) par dérive de pulvérisation ou par ruissellement.
Non respect des zones de traitement
Une douzaine d’agriculteurs ont été auditionnés ces derniers mois par l’Office français de la biodiversité (OFB) à la demande du parquet d’Aix-en-Provence. Ils sont suspectés d’avoir pulvérisé du glyphosate dans les canaux et fossés d’irrigation reliés au réseau hydrographique alors que la réglementation l’interdit.
Une plainte contre X a été déposée par France Nature Environnement (FNE) Bouches-du-Rhône et Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) pour pollution du milieu aquatique et non-respect des zones de non-traitement.
Un sujet tabou
La question des herbicides dans les canaux d’irrigation est un sujet sensible. L’irrigation gravitaire, utilisée pour la production du foin de Crau, permet le remplissage à 70% de la nappe qui alimente en eau potable 300 000 personnes.
Pour FNE13, le classement du glyphosate en probable cancérogène suffit pour que des mesures d’évitement et de protection soient prises. Notamment le faucardage mécanique ou manuel, opération de fauchage des végétaux qui bordent les cours d’eau, afin de garantir le bon écoulement des eaux.
Notre fédération milite pour un changement salutaire de ces pratiques au sein de la profession agricole.