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A69 : la lutte des écureuils a payé

L’arrêt du chantier de l’A69 entre Toulouse et Castres fait souffler un vent nouveau d’espoir face aux nombreux projets routiers et autoroutiers en cours sur notre territoire.

Ils étaient nombreux à occuper la ZAD de Verfeil située aux portes du Tarn. Protégeant la nature du sommet de leurs arbres, ils sont rapidement été surnommés “les écureuils”. Leur but avoué était de gagner du temps. Et ils avaient bien raison !

En mars 2023, le concessionnaire de l’A69, Atosca, avait obtenu une dérogation pour pouvoir porter atteinte à 157 spécimens d’espèces animales protégées au motif d’une Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM). Mais le tribunal a jugé les bénéfices du projet « très limités ». Il a donc annulé cette autorisation, suivant les conclusions de la rapporteuse publique.

La Voix est libre

Cette décision, même si elle susceptible d’appel est est perçue comme une victoire symbolique et pratique pour les opposants aux projets routiers, renforçant leur capacité à influencer les politiques publiques et à promouvoir des alternatives plus respectueuses de l’environnement.

Cette annulation pourrait créer un précédent juridique qui renforce la position des opposants dans d’autres projets similaires. Elle montre que les recours juridiques peuvent aboutir et que les arguments environnementaux et sociaux peuvent prévaloir sur les considérations économiques et infrastructurelles.

Elle met aussi en lumière les préoccupations environnementales croissantes, telles que la préservation des écosystèmes, la lutte contre le changement climatique et la protection des terres agricoles. Cela renforce la légitimité des mouvements écologistes et des citoyens qui s’opposent à des projets jugés néfastes pour l’environnement.

Elle démontre l’efficacité de la mobilisation citoyenne et des actions collectives. Cela peut inciter d’autres groupes à se mobiliser contre des projets routiers ou autoroutiers, en s’appuyant sur des stratégies similaires de plaidoyer, de manifestations et de recours juridiques. Cela devrait, nous l’espérons, peut pousser les décideurs politiques à réévaluer leurs priorités en matière de transport et d’infrastructure et encourager une réflexion sur des alternatives plus durables, comme les transports en commun, le covoiturage, ou le développement de modes de transport moins polluants.

Enfin, elle envoie un message fort aux autorités qui devraient être plus prudentes dans l’approbation de nouveaux projets routiers, en tenant compte des impacts environnementaux et sociaux dès les phases de planification. Cela pourrait conduire à une meilleure intégration des études d’impact et à une consultation plus large des parties prenantes.

Un grand bravo au collectif “La voix est libre” pour sa détermination qui a valeur d’exemple.

© CC Source: pixabay.com / Auteur: MonikaP

Et sur notre territoire ?

De nombreux projets routiers ou autoroutiers sont actuellement en cours sur notre territoire. Citons par exemple le contournement d’Arles qui pourrait peut-être bénéficier d’une jurisprudence exceptionnelle, la liaison Fos-Salon, le contournement de Port-de-Bouc, le pont de Barcarin entre Port-Saint-Louis-du-Rhône et Salin-de-Giraud…

France Nature Environnement Bouches-du-Rhône se servira a bon escient de cette décision afin d’interroger le gouvernement et les services de l’Etat sur la poursuite des ces chantiers.